Mémoire technique : exemple complet pour un lot électricité
Publié le 23/09/2026 · L'équipe Travoclic
Dans un appel d'offres de travaux, le mémoire technique sert à noter la « valeur technique » de votre offre. Ce critère pèse souvent autant que le prix, parfois davantage. Pour un électricien, c'est une chance : votre métier est normé, contrôlé, mesurable. Encore faut-il le montrer par écrit.
Vous cherchez un mémoire technique exemple électricité ? Voici une structure complète en 8 parties, adaptée à un lot électricité courants forts et courants faibles, puis trois extraits « avant / après » pour voir la différence entre un paragraphe qui perd des points et un paragraphe qui en gagne.
Piège : si le règlement de la consultation (RC) impose un plan ou un cadre de réponse, suivez-le à la lettre. La structure ci-dessous s'adapte alors à ses titres ; elle ne le remplace jamais.
La structure en 8 parties
1. Présentation de l'entreprise et compréhension du projet
Une page, pas plus, sur l'entreprise : activité, effectif, zone d'intervention, qualifications éventuelles. Puis, surtout, votre lecture du projet : nature du bâtiment (école, logements, bureaux), occupé ou non, enjeux principaux.
Concrètement, vous faites : reformulez en cinq ou six lignes ce que l'acheteur attend, avec vos mots. Exemple : « Remplacement complet du tableau général basse tension et de l'éclairage des 8 salles de classe, en site occupé, avec maintien de l'alarme incendie en service pendant toute la durée des travaux. »
2. Moyens humains affectés au chantier
L'acheteur veut savoir qui viendra réellement sur son chantier. Présentez l'équipe par fonction : chargé d'affaires, chef d'équipe, électriciens, apprenti. Pour chacun : expérience et habilitations électriques (B1V, B2V, BR, BC, H0V selon les tâches).
Concrètement, vous faites : un tableau « fonction / rôle sur ce chantier / habilitations / présence prévue ». Précisez qui est l'interlocuteur unique du maître d'œuvre.
3. Moyens matériels
Listez le matériel utile à CE chantier, pas tout votre parc : véhicules, nacelle ou échafaudage roulant, outillage de percement avec aspiration, et surtout appareils de mesure (contrôleur d'installation multifonction, mégohmmètre, testeur de différentiels, telluromètre). Indiquez que les appareils sont étalonnés.
4. Méthodologie d'exécution
C'est le cœur du mémoire. Découpez le chantier en phases : préparation et approvisionnements, dépose et mise en sécurité de l'existant, pose des chemins de câbles et réseaux, raccordements, essais, mise en service. Pour chaque phase : ce qui est fait, par qui, avec quelles précautions, et en référence à quelle règle (NF C 15-100, CCTP, avis techniques).
5. Planning et organisation
Un planning détaillé par phase et par zone, cohérent avec le calendrier du DCE. Montrez les interfaces avec les autres lots : plâtrerie pour les réservations, plafonds pour les luminaires, CVC pour les alimentations.
6. Qualité : autocontrôles, points d'arrêt, essais et conformité
C'est ici qu'un électricien fait la différence. Décrivez vos autocontrôles, les points d'arrêt soumis au maître d'œuvre, les essais réalisés avant mise sous tension et les documents de conformité remis (attestation Consuel lorsque l'opération y est soumise, rapport de vérification initiale par un organisme agréé si le CCTP le prévoit).
7. Sécurité, hygiène et environnement
Consignation et déconsignation, balisage, travaux en site occupé, protection des personnes, PPSPS (plan particulier de sécurité et de protection de la santé) si le chantier est coordonné. Côté environnement : tri des déchets, reprise des DEEE (déchets d'équipements électriques et électroniques) et des tubes fluorescents, choix de matériels économes.
8. Réception, DOE et service après-vente
Les opérations préalables à la réception, la levée des réserves, le contenu du DOE (dossier des ouvrages exécutés : plans, schémas, fiches techniques, procès-verbaux d'essais) et votre organisation pendant l'année de parfait achèvement : délai d'intervention, contact dédié.
Trois extraits avant / après
Voici trois paragraphes tels qu'on les lit souvent dans les dossiers, puis leur version réécrite. La différence ne tient pas au style : elle tient aux faits vérifiables.
Extrait 1 : la méthodologie et la NF C 15-100
Avant (paragraphe faible)
« Nos travaux seront réalisés dans les règles de l'art et conformément aux normes en vigueur. Notre personnel qualifié garantit une installation de qualité. »
Pourquoi il perd des points : aucune norme citée, aucune action décrite, rien de propre au chantier. Le correcteur ne peut rien noter.
Après (paragraphe solide)
« L'installation est réalisée conformément à la norme NF C 15-100 et aux prescriptions du CCTP (article 4). Avant toute pose, notre chef d'équipe vérifie sur plan les sections de conducteurs et le calibre des protections de chaque circuit, en tenant compte des longueurs réelles relevées lors de la visite. Les circuits sont repérés aux deux extrémités selon la nomenclature du schéma unifilaire. Les traversées de parois coupe-feu sont rebouchées avec un produit disposant d'un procès-verbal de résistance au feu, dont la fiche est jointe en annexe 3. »
Extrait 2 : les essais et le Consuel
Avant
« Des essais seront effectués en fin de chantier. Le Consuel sera obtenu. »
Pourquoi il perd des points : quels essais ? Par qui ? Avec quel appareil ? Quel document est remis ? L'acheteur n'a aucune garantie.
Après
« Avant mise sous tension, nous réalisons et consignons sur procès-verbal les essais suivants : continuité des conducteurs de protection et des liaisons équipotentielles, mesure de la résistance d'isolement au mégohmmètre, mesure de la prise de terre au telluromètre, contrôle du déclenchement de chaque dispositif différentiel, vérification du pouvoir de coupure et du repérage. Les appareils utilisés sont étalonnés ; leurs certificats sont tenus à disposition. Lorsque l'opération y est soumise, nous établissons l'attestation de conformité et la faisons viser par le Consuel avant la demande de mise en service. Les procès-verbaux d'essais sont intégrés au DOE. »
Astuce de pro : joignez en annexe un modèle vierge de votre procès-verbal d'essais. Le correcteur voit immédiatement que la démarche existe vraiment dans votre entreprise.
Extrait 3 : les points d'arrêt
Avant
« Nous travaillerons en étroite collaboration avec la maîtrise d'œuvre tout au long du chantier. »
Pourquoi il perd des points : la phrase est vraie pour toutes les entreprises. Elle ne dit pas quand ni comment la maîtrise d'œuvre contrôle.
Après
« Nous proposons au maître d'œuvre les points d'arrêt suivants, au-delà desquels aucune suite n'est donnée sans son accord écrit :
- PA1 : validation des fiches techniques et des échantillons (luminaires, appareillage, tableau) avant commande ;
- PA2 : réception des réservations et du cheminement des réseaux avant fermeture des cloisons et plafonds ;
- PA3 : contrôle du tableau câblé et des repérages avant mise sous tension ;
- PA4 : présentation des procès-verbaux d'essais avant les opérations préalables à la réception.
Chaque point d'arrêt fait l'objet d'une fiche signée, archivée dans le DOE. »
Le tableau de contrôle avant envoi
Relisez votre mémoire avec cette grille. Chaque « non » est un point perdu à corriger.
| Question | Où la vérifier |
|---|---|
| Le plan suit-il exactement les sous-critères du RC ? | Sommaire du mémoire / RC |
| Le nom du chantier, l'adresse et ses contraintes apparaissent-ils ? | Parties 1 et 4 |
| Chaque intervenant a-t-il une fonction et des habilitations précisées ? | Partie 2 |
| La NF C 15-100 et les articles du CCTP sont-ils cités là où c'est utile ? | Partie 4 |
| Les essais sont-ils listés, avec l'appareil et le document remis ? | Partie 6 |
| Les points d'arrêt sont-ils numérotés et datés dans le planning ? | Parties 5 et 6 |
| La consignation et le site occupé sont-ils traités ? | Partie 7 |
| Le contenu du DOE et le délai d'intervention SAV sont-ils précis ? | Partie 8 |
Les erreurs qui coûtent le plus cher
- Le copier-coller d'un ancien dossier avec le nom d'un autre acheteur resté dans le texte. Relisez en cherchant les anciens noms.
- Les fiches techniques sans lien avec le CCTP : si le CCTP demande un indice de protection ou une classe énergétique, surlignez-le sur la fiche jointe.
- Le mémoire fleuve : un correcteur qui cherche une information et ne la trouve pas ne met pas la note. Un sommaire, des titres clairs et des tableaux l'aident à vous noter.
- Les promesses non tenables : n'annoncez pas un délai ou une équipe que vous ne pourrez pas mobiliser. Le mémoire devient souvent une pièce contractuelle.
Exemple : sur un lot électricité d'une salle polyvalente, deux entreprises proposent des prix proches. L'une a rédigé trois pages générales ; l'autre a détaillé ses essais, ses quatre points d'arrêt et le phasage pour maintenir l'éclairage de sécurité. C'est généralement la seconde qui emporte le marché, car le correcteur peut justifier chaque point de sa note.
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Un bon mémoire technique se construit une fois, puis s'adapte à chaque consultation en une ou deux journées. Pour démarrer, notre guide gratuit présente la méthode et la trame générale. Pour aller plus loin, le Kit Marchés Publics Artisans contient des mémoires techniques entièrement rédigés par corps d'état, dont l'électricité, avec les zones à personnaliser signalées.
Informations à jour au 23/09/2026 ; vérifiez toujours le règlement de la consultation (RC) et le CCAP du marché visé, qui priment.
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